Durban, un test pour la Communauté internationale

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Moustapha SENE

La Quinzième Conférence des Parties à un accord sur le régime climatique futur COP17 qui se tient à Durban et qui se prolongera jusqu’au 9 décembre 2011 constitue un test grandeur nature pour la Communauté internationale de prouver sa capacité à dépasser les intérêts particuliers et à subvertir les égoïsmes nationaux ayant fait le lit des défaillances du système international de régulation. Il s’agit de s’inscrire dans la perspective d’un Accord équitable susceptible de contenir le pic des gaz à effet de serre sous un seuil raisonnable au-delà duquel l’augmentation de la température moyenne mondiale risque de nous conduire tous à brève échéance dans le crématorium des 2°C fatidiques.
Au-delà de cette dimension essentiellement de survie sur terre de l’espèce humaine du débat en cours sur les changements climatiques, il y a une question éthique et d’équité morale qui rend plus impérieux encore la nécessité de cet Accord qui ne saurait sauver le climat sans instaurer une nouvelle gouvernance plus responsable du développement durable et des biens publics que constituent les ressources naturelles ( l’eau, l’air, les forêts pour ne citer que ces trois ressources communes dont nous avons obligation à veiller sur la qualité).

Comme l’a clamé haut et fort notre confrère Emile Malet , Rapporteur général du Forum mondial sur le développement durable qui s’est tenu à Ouagadougou au Burkina Faso, à quelques semaines seulement du Sommet de Copenhague, «il y a ici et maintenant une opportunité à agir , à agir vite et dans une perspective durable. La crise économique comme le réchauffement climatique se décline comme un révélateur social des asymétries de développement entre le Nord et le Sud et comme une sanction, aussi dramatique qu’injuste, frappant le Sud à travers les zones précaires et les populations démunies. Cet accablement ne fera que grandir en cas de réchauffement climatique parce qu’une élévation de température de 2°5 dans les pays industrialisés et riches seront portés au double voire au triple dans une Afrique qui regroupe statistiquement une écrasante majorité de pays pauvres, vulnérables sur le plan sanitaire, et sous équipés en infrastructures de base. Le littoral africain ne dispose pas d’un système d’alerte précoce et d’informations météorologiques alors que ses populations se concentrent sur les grandes villes côtières ».
On ne peut apprécier l’ampleur de la situation décrite et qui est grosse de tous les possibles en termes de dérives politiques et de convulsions sociales à la seule aune des responsabilités des pays africains, qui sont comme engoncés dans une sorte de camisole de force historique par un processus économique et géopolitique  vieux déjà de plusieurs siècles.
On ne saurait donc douter de la pertinence du débat sur l’éthique de responsabilité historique des pays du Nord qui impose une double obligation qui ,au sortir de cette 17eme COP doit se traduire par un engagement collectif dont la justification est toute entière dans ce qui en a été révélé dans le rapport 2009 du GIEC, où il est démontré de façon scientifique que le modèle économique des pays industrialisés est à l’origine d’importantes émissions de gaz à effet de serre supérieures aux taux recyclables par notre planète et qui persistent dans l’atmosphère.

 

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