Disparition progressive du Lac Tchad - Vigoureux plaidoyer de Deby à Durban

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Issa OUSSEINI

Le Lac Tchad est menacé de disparition totale si rien n’est fait pour freiner son assèchement progressif, provoqué notamment par le réchauffement climatique, selon Alex Blériot Momha, Directeur du renforcement des capacités, de l’information et de la gestion des données à la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT).
«D’une superficie de 25.000km² au début des années 1960, ce plan d’eau qui est partagé par quatre pays (Le Cameroun, le Nigéria, le Niger et le Tchad) s’est rétréci au fil des ans pour se retrouver dans une portion congrue de 2500 km² seulement, soit un 1/10e de son étendue initiale», a déclaré Momha.
Le sauvetage de ce cours d’eau, jadis classé 4e grand lac d’Afrique, constitue une préoccupation pour les pays qui se le partagent, à l’occasion de la 17e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique dont les travaux se déroulent du 28 novembre au 9 décembre à Durban.
Dans la déclaration qu’il a envoyée à la Conférence, le président tchadien, Idriss Deby Itno, a plaidé en faveur d’une mobilisation générale pour sauver le Lac Tchad, déplorant la frilosité des pays industrialisés à se manifester pour cette cause.
«Laisser tarir le lac Tchad équivaut à un suicide collectif dont les riverains ne seront certainement pas les seules victimes», a averti Deby, demandant le transfert des eaux de la rivière Oubangui pour une reconstitution le plan d’eau.
Selon Momha, plus de 30 millions de personnes tirent leur subsistance de ce cours d’eau, s’adonnant à l’agriculture, l’élevage, la pêche et plusieurs autres activités. Avec la disparition progressive du cours d’eau, dont la partie nigérienne s’est complètement asséchée depuis plus de deux décennies, toutes ces activités sont également en train de disparaître.
«Ce sont des vies humaines, animales mais aussi la végétation qui sont menacées», a indiqué le fonctionnaire de la Commission du bassin du Lac Tchad.
Parallèlement, le désert gagne du terrain, rendant vaines les actions de reboisement menées par les pays du Sahel pour lutter contre les effets du changement climatique. Sur ce point, le président tchadien a été très direct : «La disparition du Lac Tchad n’affectera pas que la cuvette centrale d’Afrique, mais elle aura des incidences fâcheuses, multiples et étendues sur une bonne partie du continent».
Selon lui, «si rien n’est fait pour faire face à ce phénomène, le Bassin du Congo, deuxième massif forestier et poumon écologique mondial après l’Amazonie, subirait des conséquences environnementales désastreuses et mettra ainsi en péril la vie de plusieurs millions de personnes. Il y a donc réel menace à l’équilibre écologique du monde.

 

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