Renégociation du Protocole de Kyoto

E-mail Print PDF

Les Africains demandent un «leadership climatique»

Que les pays qui ont montré au monde un leadership militaire, politique ou économique, soient également à l’avant_plan dans la lutte contre les effets des changements climatiques, tel pourrait se résumer le message du représentant des parties africaines aux négociations, à Durban.

Mohamed GUEYE


Le groupe africain des négociateurs a réaffirmé avec force ce lundi 5 décembre sa volonté de voir les pays développés et ceux émergents de respecter les dispositions du Protocle de Kyoto. Le représentant du Groupe africain, le Congolais (de Kinshasa), M. Kosi Mpanu Mpanu, l’a déclaré lors de sa conférence de presse tenue au Centre international des Conférences de Durban, en Afrique du Sud, où se tient la 17ème Conférence des nations Unies sur les Changements climatiques (Cop 17). M. Kosi a appelé les pays «qui ont fait montre de leadership en termes de politique, d’économie, et même sur les plans militaires, doivent aussi faire montre de leadership sur la question de climat.» Il a estimé qu’il n’était pas normal que le milliard d’Africains, dont le Continent est celui qui souffre le plus des effets des changements climatiques, souffrent d’émissions dont ils ne sont pas responsables.
Le représentant du Groupoe africain, et son porte-parole, le Malien Seyni Nafo, ont indiqué que le Protocle de kyoto, et sa prolongation au-delà du délai de 2012, offraient une bonne opportunité de s’assurer que «le milliard d’Africains sont protégés et en sécurité». Pour cela, M. Kosi Mpanu Mpanu a demandé que plus de moyens soient mis dans le financement des mécanismes d’adaptation, et que ce mécanisme ne soit pas fragmenté, au détriment des Africains. Il a rappelé que c’était déjà la position des Africains lors de la Conférence de Cancùn, et c’est une position qui fait appel non pas aux sentiments, «mais à la science et à la raison».  
S’exprimant sur le mécanisme de développement propre et le marché carbone, qui pourraient être remis en cause en cas de non renégociation du Protocole de Kyoto, le représentant des parties africaines a indiqué que ce mécanisme était encore trop biaisé en défaveur des Africains, et souhaité voir les choses changer. Pour lui, il n’était pas normal que sur plus de 2500 projets enregistrés par le Mécanisme de développement propre, seuls 72 concernent le Continent africain, du fait des conditions léonines qui étaient imposées au Continent.
Cette position des parties africaines a rencontré tout l’assentiment de la Société civile internationale. C’est ainsi que Mouhamet Lamine Ndiaye, chargé du Programme Justice économique et climatique à Oxfam, s’est félicité de cette position des Africains, qu’il a jugée courageurse et en droite ligne de ce qui avait été demandé, depuis Copenhagen jusqu’à Durban, en passant par Cancùn. Comme Kosi Mpanu Mpanu, M. Ndiaye également souhaite que beaucoup de moyens financiers soient mis dans le fonds d’adaptation, et que les pays africains puissent y avoir accès sans trop de contraintes.

{flv}video2{/flv}

 

Facebook


ZFacebook - Free Version
  • Photo Title 1
  • Photo Title 2
  • Photo Title 3
  • Photo Title 4
  • Photo Title 5