Négociations de Durban - L’Afrique agrippée à sa position de Bamako

E-mail Print PDF

Issa OUSSEINI

L’espoir est permis d’enregistrer des avancées significatives à l’issue des négociations sur le changement climatique en cours à Duban (Afrique du Sud), selon Dr Kamayé Maâzou, expert nigérien sur le changement climatique prenant part aux travaux de la 17e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique. «Il y a de fortes chances que la présente rencontre soit couronnée de succès en débouchant sur de textes consensuels avec la Sud africaine qui assure la présidence de la Conférence et qui est dotée d’une forte capacité de gestion des humeurs des uns et des autres», a déclaré Maäzou.
Sur les attentes de l’Afrique, l’expert nigérien indique que la position officielle adoptée à Bamako par les Etats n’a pas connu d’évolution. Elle se résume notamment à une stricte application de la feuille de route de Bali (2007), qui doit se traduire par «des engagements ou des initiatives d’atténuation appropriés au niveau national, mesurables, quantifiables et vérifiables, y compris des objectifs chiffrés de limitation et de réduction des émissions de la part de tous les pays développés, en veillant à ce que les efforts des uns et des autres soient comparables, compte tenu des différences de situation entre pays».
Pour leur part, les pays en développement doivent prendre «des mesures d’atténuation appropriées au niveau national, dans le cadre d’un développement durable, soutenues et rendues possibles par des technologies, des moyens de financement et un renforcement des capacités, et également d’une façon mesurable, notifiable et vérifiable».
Cette position africaine défend aussi «le principe d’une responsabilité commune dans la pollution, mais différenciée», explique Maäzou, qui précise sa pensée : «Les gros pollueurs, ce n’est pas nous ; ce sont les pays industrialisés. Il faut qu’ils réparent d’abord les dégâts causés pour qu’on reparte sur de nouvelles bases, et cette réparation doit se traduire par des financements pour des actions de développement au profit des pays non pollueurs».
Un accord a été obtenu à Cancun (2010) sur le principe du financement du développement des pays non pollueurs. Cet accord porte sur un montant de 30 milliards de dollars US par an jusqu’en 2012. Le fonds, qui doit être alimenté des financements nouveaux et additionnels, est destiné à des actions d’adaptation et d’atténuation.
«Malheureusement, faute de mécanismes permettant sa mobilisation et sa gestion, ce financement qui est acquis sur le papier est toujours attendu par les pays sous développés qui devraient en bénéficier», a fait remarquer Maâzou, soulignant l’entrée en vigueur d’une nouvelle phase de financements de l’ordre de 100 milliards de dollars par an, à partir de 2013, au profit des pays non pollueurs.
Selon lui, la mobilisation doit se faire, ici à Durban, autour de cette préoccupation pour emmener les pays industrialisés à respecter ces engagements financiers auxquels ils ont souscrit en vue d’aider les pays pauvres à amorcer un développement durable.

 

Facebook


ZFacebook - Free Version
  • Photo Title 1
  • Photo Title 2
  • Photo Title 3
  • Photo Title 4
  • Photo Title 5