«L’Afrique attend l’effectivité de la deuxième période d’engagement de Kyoto»

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NEGOCIATIONS CLIMATIQUES A DURBAN
«L’Afrique attend l’effectivité de la deuxième période d’engagement de Kyoto», déclare Amadou Souley Massaoudou, Secrétaire Exécutif du CNEDD/NIGER
Le Conseil national de l’environnement pour un développement durable (CNEDD) est l’instance étatique nigérienne qui gère toutes les questions relatives à la protection de l’environnement dont le Programme «Changements et variabilité et climatique». Son Secrétaire Exécutif, M. Amadou Souley Massaoudou, coordonne les activités de délégation nigérienne à cette 17e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP 17) de Durban. A travers cet entretien qu’il nous a accordé, il se réjouit de la consolidation de la position commune adoptée par les Etats africains à Bamako et décline les attentes du continent.
Flamme d’Afrique : A l’occasion de ce sommet de Durban, le groupe africain est resté fidèle à sa position adoptée par les Etats à Bamako. Depuis le démarrage des travaux de la conférence, quelles sont les avancées dans ces négociations sur le changement climatique ?
M. Amadou Souley Massaoudou : Aujourd’hui, à Durban, on se rend compte de plus en plus que le groupe africain est un groupe très uni. Très uni pour deux raisons : la première, parce que le groupe a perçu les enjeux, que ça soit sur le court ou le long terme, de ces ateliers sur le changement climatique, mais aussi le travail colossal abattu par les négociateurs qui se sont efforcés depuis trois à quatre sessions pour positionner les attentes de notre groupe. Deuxièmement, la rencontre des ministres africains de l’Environnement qui a pris en compte la position des négociateurs africains, qui sont présentement est en train de faire des pieds et des mains pour faire accepter la position de nos pays, quand bien même le groupe des pays africains, il y a encore des petites divergences. Vous savez que nous n’avons pas la même vision que l’Afrique du Sud par exemple ou encore le Ghana qui peuvent être classés comme des pays émergents. Mais de façon générale, le groupe africain est en train de tendre vers une union, une consolidation de sa position à ces négociations.
Quelles sont les attentes de l’Afrique, de façon concrète, à l’issue de ces négociations ?
L’Afrique attend beaucoup des pays industrialisés, et c’est cela en fait les enjeux de ces négociations. La première de chose, l’Afrique attend de ces pays industrialisés un engagement sur la deuxième période du Protocole de Kyoto. Vous savez que ce Protocole est le seul instrument juridiquement contraignant sur ces négociations climatiques. Mais de par les débats que nous avons suivis jusqu’à ce matin (NDLR : mardi 6 décembre 2011), un certain nombre de pays dont le Japon refusent d’aller vers une deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto, ça c’est clair ; l’Union européenne aussi s’engage à aller vers la deuxième période si et seulement si un certain nombre de normes techniques sont revisitées, notamment les normes en termes de quantification des émissions de gaz à effet de serre et d’engagements. Or, vous savez que la première période s’est fixée un objectif de réduction de 5% par rapport au niveau de 1990, et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a techniquement démontré que ces engagements là sont très faibles, donc aujourd’hui notre continent attend que la deuxième période d’engagement de Kyoto soit effective et opérationnelle, que des avancées significatives soient faites sur le Fonds Climat, le Fonds Vert, à travers lequel des investissements vont se faire, qu’il y ait aussi une différenciation nette entre toutes les actions financées à travers la thématique climatique, c'est-à-dire les Fonds Climat, et les Fonds destinés à l’aide publique au développement. Il ne faut pas qu’au sortir de ces différentes négociations que nous nous retrouvions avec un transfert des Fonds d’appui au développement vers les Fonds climat.
Me Niger fait partie des pays africains les plus gravement affectés par les effets du changement climatique qui se traduisent par entre autres phénomènes des sècheresses à des fréquences de plus en plus rapprochées. Quelles sont les actions en cours en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique ?
Il y a beaucoup d’actions qui ont été mises en œuvre. Nous avons d’abord commencé par les communications nationales, à travers lesquelles nous faisons la situation du pays qui est considéré comme un pays puits et non source ; deuxièmement, nous avons mis en place le Programme national d’adaptation au changement climatique (le PANA) qui a eu à décrire les communautés vulnérables et les options en termes d’adaptation, et c’est à travers ce PANA que nous avons un certain nombre de programmes et projets qui sont financés par nos partenaires techniques et financiers comme le Programme africain d’adaptation qui s’étale sur deux ans et le Programme PANA résilience au secteur agricole qui travaille sur huit (8) communes du pays les plus vulnérables et qui essaient d’apporter des solutions prenant en compte la dimension du changement climatique. Il y a aussi l’intégration de la dimension changement climatique à travers le Programme africain d’adaptation (AAP) dans toutes les politiques et stratégies de notre pays, et aujourd’hui nous avons le grand Programme pilote pour la résilience climatique (PPCR) qui va démarrer bientôt pour un montant de 110 millions de dollars US sur la thématique climatique. Voici, en pratiquement un an, ce que nous avons pu faire, mais les réflexions et les projets sont en cours. L’objet de notre présence ici n’est pas de venir discuter de la thématique climat, puisque vous savez qu’ici à Durban, les délégués sont estimés à plus de 7000 personnes. Notre option, c’est de cibler les partenaires techniques et financiers, de proposer nos projets, de nouer des contacts afin de faire aboutir nos programmes. Nous pensons qu’au sortir de Durban, un certain nombre de programmes et projets verront le jour.
Propos recueillis par Ousseini Issa

NEGOCIATIONS CLIMATIQUES A DURBAN

Le Conseil national de l’environnement pour un développement durable (CNEDD) est l’instance étatique nigérienne qui gère toutes les questions relatives à la protection de l’environnement dont le Programme «Changements et variabilité et climatique». Son Secrétaire Exécutif, M. Amadou Souley Massaoudou, coordonne les activités de délégation nigérienne à cette 17e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP 17) de Durban. A travers cet entretien qu’il nous a accordé, il se réjouit de la consolidation de la position commune adoptée par les Etats africains à Bamako et décline les attentes du continent.

Flamme d’Afrique : A l’occasion de ce sommet de Durban, le groupe africain est resté fidèle à sa position adoptée par les Etats à Bamako. Depuis le démarrage des travaux de la conférence, quelles sont les avancées dans ces négociations sur le changement climatique ?

M. Amadou Souley Massaoudou : Aujourd’hui, à Durban, on se rend compte de plus en plus que le groupe africain est un groupe très uni. Très uni pour deux raisons : la première, parce que le groupe a perçu les enjeux, que ça soit sur le court ou le long terme, de ces ateliers sur le changement climatique, mais aussi le travail colossal abattu par les négociateurs qui se sont efforcés depuis trois à quatre sessions pour positionner les attentes de notre groupe. Deuxièmement, la rencontre des ministres africains de l’Environnement qui a pris en compte la position des négociateurs africains, qui sont présentement est en train de faire des pieds et des mains pour faire accepter la position de nos pays, quand bien même le groupe des pays africains, il y a encore des petites divergences. Vous savez que nous n’avons pas la même vision que l’Afrique du Sud par exemple ou encore le Ghana qui peuvent être classés comme des pays émergents. Mais de façon générale, le groupe africain est en train de tendre vers une union, une consolidation de sa position à ces négociations.

Quelles sont les attentes de l’Afrique, de façon concrète, à l’issue de ces négociations ?

L’Afrique attend beaucoup des pays industrialisés, et c’est cela en fait les enjeux de ces négociations. La première de chose, l’Afrique attend de ces pays industrialisés un engagement sur la deuxième période du Protocole de Kyoto. Vous savez que ce Protocole est le seul instrument juridiquement contraignant sur ces négociations climatiques. Mais de par les débats que nous avons suivis jusqu’à ce matin (NDLR : mardi 6 décembre 2011), un certain nombre de pays dont le Japon refusent d’aller vers une deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto, ça c’est clair ; l’Union européenne aussi s’engage à aller vers la deuxième période si et seulement si un certain nombre de normes techniques sont revisitées, notamment les normes en termes de quantification des émissions de gaz à effet de serre et d’engagements. Or, vous savez que la première période s’est fixée un objectif de réduction de 5% par rapport au niveau de 1990, et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a techniquement démontré que ces engagements là sont très faibles, donc aujourd’hui notre continent attend que la deuxième période d’engagement de Kyoto soit effective et opérationnelle, que des avancées significatives soient faites sur le Fonds Climat, le Fonds Vert, à travers lequel des investissements vont se faire, qu’il y ait aussi une différenciation nette entre toutes les actions financées à travers la thématique climatique, c'est-à-dire les Fonds Climat, et les Fonds destinés à l’aide publique au développement. Il ne faut pas qu’au sortir de ces différentes négociations que nous nous retrouvions avec un transfert des Fonds d’appui au développement vers les Fonds climat.

Me Niger fait partie des pays africains les plus gravement affectés par les effets du changement climatique qui se traduisent par entre autres phénomènes des sècheresses à des fréquences de plus en plus rapprochées. Quelles sont les actions en cours en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique ?

Il y a beaucoup d’actions qui ont été mises en œuvre. Nous avons d’abord commencé par les communications nationales, à travers lesquelles nous faisons la situation du pays qui est considéré comme un pays puits et non source ; deuxièmement, nous avons mis en place le Programme national d’adaptation au changement climatique (le PANA) qui a eu à décrire les communautés vulnérables et les options en termes d’adaptation, et c’est à travers ce PANA que nous avons un certain nombre de programmes et projets qui sont financés par nos partenaires techniques et financiers comme le Programme africain d’adaptation qui s’étale sur deux ans et le Programme PANA résilience au secteur agricole qui travaille sur huit (8) communes du pays les plus vulnérables et qui essaient d’apporter des solutions prenant en compte la dimension du changement climatique. Il y a aussi l’intégration de la dimension changement climatique à travers le Programme africain d’adaptation (AAP) dans toutes les politiques et stratégies de notre pays, et aujourd’hui nous avons le grand Programme pilote pour la résilience climatique (PPCR) qui va démarrer bientôt pour un montant de 110 millions de dollars US sur la thématique climatique. Voici, en pratiquement un an, ce que nous avons pu faire, mais les réflexions et les projets sont en cours. L’objet de notre présence ici n’est pas de venir discuter de la thématique climat, puisque vous savez qu’ici à Durban, les délégués sont estimés à plus de 7000 personnes. Notre option, c’est de cibler les partenaires techniques et financiers, de proposer nos projets, de nouer des contacts afin de faire aboutir nos programmes. Nous pensons qu’au sortir de Durban, un certain nombre de programmes et projets verront le jour.

Propos recueillis par Ousseini Issa

 

 

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