Convergence des mouvements sociaux du monde

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Pour une décolonisation des peuples opprimés

Les mouvements sociaux du monde se sont retrouvés en Assemblée pour faire le point de leurs luttes, en vue de l’avènement d’un nouvel ordre mondial. Cette assise, qui s’est déroulée hier jeudi 10 février, dans le grand amphithéâtre de l’Université Cheick Anta Diop (UCAD II), a battu le record en terme de mobilisation. L’amphi était rempli comme un œuf.

Marquée par des communications sur la genèse du Forum social et les caravanes venues d’un peu partout dans le monde, l’activité a été sanctionnée par un acte dit ‘’Déclaration de l’assemblée des mouvements sociaux FSM Dakar (Sénégal). Pour joindre l’utile à l’agréable, des rappeurs sénégalais engagés dans ce combat ont été associés à l’exercice de dénonciation des politiques néolibérales et de l’impérialisme.

Dans leur déclaration, qui tient sur deux pages, les mouvements sociaux du monde ont d’abord réaffirmé leur détermination à poursuivre le combat pour la décolonisation des peuples opprimés, qui apparaît à leurs yeux comme un défi à relever, avant d’exprimer leur soutien et leur solidarité active aux peuples tunisien, égyptien et du monde arabe en lutte pour la construction d’une véritable démocratie populaire.

Leur lutte pour sortir de l’oppression et de l’exploitation doit servir d’exemple pour les autres peuples dans la même situation de servitude. Les mouvements sociaux ont aussi exprimé leur soutien aux peuples Ivoiriens, d’Afrique et du monde dans leurs combats pour une démocratie souveraine et participative.

‘’Nous défendons le droit à l’autodétermination de tous les peuples’’, proclame la déclaration, qui tire le bilan de leurs luttes depuis la tenue, en 2001 à Porto Alegre, de la première édition du forum social, qui souffle à Dakar ses dix ans d’existence.

‘’Au cours de cette période, nous avons construit une histoire et un travail communs qui a permis certaines avancées, notamment en Amérique latine, où nous avons réussi à freiner des alliances néolibérales et concrétiser plusieurs alternatives pour un développement socialement juste et respectueux de la nature’’, soulignent les mouvements sociaux, qui présentent leur assemblée comme un espace de réunion dans la diversité, en vue de construire des agendas et luttes communes contre le capitalisme, le patriarcat, le racisme et toute forme de discrimination.

Au cours de ces dix dernières années, les mouvements sociaux déplorent aussi l’apparition d’une crise systémique qui s’est déclinée en crise alimentaire, environnementale, financière et économique, laquelle crise a provoqué l’accroissement des migrations et des déplacements forcés de populations, de l’exploitation, de l’endettement, des inégalités sociales.

L’assemblée a dénoncé avec virulence le rôle des acteurs du système (banques, transnationales, grands médias…), qui, à la recherche du profit maximum, continuent leur politique interventionniste via des guerres, des occupations militaires, des supposées missions humanitaires, la création de bases militaires, le pillage des ressources naturelles, l’exploitation des peuples, la manipulation idéologique.

Après avoir dit tout le mal qu’ils pensent du capitalisme, ils ont formulé des exigences dont la souveraineté des peuples dans la définition de leur mode de vie ; la mise ne place de politiques qui protègent les productions locales, donnent une dignité aux tâches agricoles et conservent les valeurs ancestrales de la vie.

Les multiples formes d’injustices sociales dont sont victimes les peuples opprimés ont été passées au peigne fin par les mouvements sociaux du monde qui ont promis de poursuivre leur mobilisation pour l’annulation inconditionnelle de la dette publique de tous les pays du sud. ‘’Nous dénonçons également, dans les pays du nord, l’utilisation de la dette publique pour imposer aux peuples de politiques injustes et anti sociales’’, indique la déclaration.

Ousseini Issa