Lutte contre le trafic des enfants en Afrique

Envoyer Imprimer PDF

Le RAO élargit ses bases

La paupérisation croissante des populations, favorisée notamment par les politiques néolibérales, a fait naître un nouveau fléau en Afrique : le trafic des enfants. Dans les pays de la sous région ouest africaine, la pratique est devenue un véritable un fonds de commerce bien organisé, avec l’apparition de profession des passeurs et des placeurs d’enfants.

Devant l’ampleur que prend de plus en plus le phénomène, des organisations ont vu le jour, ici et là, dans différents pays pour lutter contre cette forme de trafic humain avec des résultats souvent mitigés. C’est un combat qui ne saurait être gagné à l’échelle des pays pris individuellement.

C’est pourquoi, les associations africaines actives sur ce terrain ont décidé de mettre en synergie leurs efforts, à travers notamment la création d’un cadre dénommé ‘’Réseau Afrique de l’Ouest’’ pour la protection des enfants (RAO), afin de mieux traquer les trafiquants.

Regroupant initialement le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée Conakry, le Mali, le Niger et le Sénégal, ce réseau s’est ouvert à d’autres pays de la sous région, pour mieux assurer la protection de l’enfance à l’échelle régionale.

Cette ouverture a donné naissance à un nouveau cadre dénommé ‘’Coalition ouest africaine pour l’enfance’’ (UCOA), à l’occasion du présent Forum social mondial Dakar 2011.

Selon le Nigérien Moussa Sidikou, qui assure la présidence de l’UCOA, il s’agit à travers cette initiative de poursuivre, renforcer et diversifier les actions du RAO, qui travaille depuis 2005 sur le terrain, avec des résultats plutôt satisfaisants.

‘’A la date d’aujourd’hui, nous avons réinséré et suivi quelque 1300 enfants et jeunes en difficulté dans un cadre familial, au niveau de l’ensemble des pays membres du réseau’’, indique Sidikou, satisfait du travail en réseau.

Les interventions du réseau se font sur deux axes : la réinsertion qui obéit à tout un processus d’identification, de recherche des familles de l’enfant et d’accompagnement ; et des actions de prévention.

Pour Lassiné Zampo, Coordonnateur du RAO Burkina Faso, la politique de prévention est importante, car elle met les enfants à l’abri des recruteurs et leur permet de s’instruire ou d’apprendre un métier, tout en restant dans leur cadre familial. Elle est mise en œuvre selon plusieurs types de stratégies.

‘’Au Burkina Faso, par exemple, nous expérimentons la formule des champs communautaires au profit des familles vulnérables pour leur permettre de produire et gérer des ressources avec lesquelles elles peuvent scolariser leurs enfants’’, illustre Zampo.

L’élargissement des bases du réseau insufflera certainement une nouvelle dynamique aux différentes actions menées par le réseau pour mettre fin à la traite des enfants en Afrique.