FSM 2011 - Africanbeats@Dakar11 - N° 03

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Africanbeats@Dakar11 - N° 03 - Mardi  08  février  2011


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Bulletin quotidien publié par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest et ENDA avec la collaboration de IPS, AMARC, NOVIB, Le Quotidien, le CESTI, à l’occasion du Forum social mondial 2011 de  Dakar .

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You are receiving this message because you are on the Social Forum mailing list of the Panos Institute West Africa (PIWA  http://flamme.panos-ao.org). Journalists sponsored by PIWA and ENDA in collaboration with IPS, AMARC, NOVIB, Le Quotidien,  CESTI,  are covering the World Social Forum (FSM) 2011 that is currently taking place in Dakar, Senegal.


Articles in English and French


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Lula: «Un nouveau monde est possible»


L’ancien président du Brésil Lula Inacio Da Silva  a réaffirmé lundi à la place du Souvenir de  Dakar, à l’occasion du Forum Social Mondial,  qu’ «un nouveau monde est possible».

S’exprimant devant plusieurs dizaines de participants au Forum, en présence du Président du Sénégal, Abdoulaye Wade et de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova,  Lula s’est appuyé sur  les progrès réalisés dans son pays pour soutenir cette affirmation. «Le Brésil a réalisé son développement en intégrant la dimension sociale et c'est le meilleur moyen de se développer de façon durable», a-t-il soutenu avant de se demander:  «si le Brésil est arrivé à ce stade de développement, pourquoi pas les pays africains?».

Il est revenu sur la crise financière internationale. «L'occident qui nous apprend comment gérer notre économie n'a pas pu gérer la sienne, ce qui est à la base de la crise qui touche toute l'humanité», a souligné Lula.

Il a estimé que «sans les pays du Sud, un développement international ne  peut être possible»

«Sans ingérence extérieur l’ Afrique peut bâtir  son développement économique et social, sa démocratie et son insertion avec souveraineté  dans le monde», a ajouté Lula. Pour lui, avec ses 800 millions d’habitants, son énorme riche territoire,  l’Afrique a un futur extraordinaire. «Ce futur n’est pas un mirage, il est en train d’arriver», a-t-il insisté.


Wade pour « l'idée de changer le monde»


Le président sénégalais Abdoulaye Wade a clairement dit lundi,  au cours du Forum social mondial (FSM) à Dakar, ne pas être d’accord avec les altermondialistes même s’il partageait avec eux l'idée de changer le monde.

«Depuis 2000, je suis votre mouvement et je me pose toujours la question, excusez ma franchise: est-ce que vous avez réussi à changer quelque chose ... au niveau mondial?» s’est il demandé avant d’ajouter:  «M.Lula a complètement changé le Brésil, tout le monde le sait, mais sur le plan international, je suis désolé».

Assis à côté l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et en face de militants altermondialistes, Wade a révélé: «Je suis un partisan de l'économie de marché et non de l'économie d'Etat qui a fait faillite partout ou presque dans le monde».

Le Président sénégalais  a, par ailleurs,  déclaré que son pays a atteint l’autosuffisance alimentaire depuis quatre ans. «Notre pays était dépendant alimentairement, il y a quatre ans. Nous produisons, ici même, tout ce que nous mangeons», a dit Wade pour qui, le Sénégal importait 600.000 tonnes de riz avant d’atteindre l’autosuffisance.


Des femmes Sarahouies exigent plus de sécurité au FSM


Des femmes sarahouies  ont indiqué, au cours d’un point de presse, avoir été victimes d’agression par des Marocains à la faculté de droit de l’Université Cheick Anta Diop (UCAD) , alors qu’elles voulaient prendre la parole.

« On  voulait s'exprimer  dans un panel sur le thème, le Sahara Occidental: la dernière colonie », a déclaré Jadiyetu El Mokhtar, porte parole  de l'Union Nationale des Femmes Sarahouies (UNFS).

« On m'a agressé, pris mes lunettes et battue avec le bâton du drapeau », a-t-elle ajoutée.

Elle a précisée que:  « les Marocains ont ensuite mis leur drapeau sur nos têtes et quand on a essayé d'enlever, ils ont voulu nous étrangler avec ce même drapeau ».   Les cinq femmes de  la délégation des Sarahouis estiment qu’ après cet incident, il ne leur est  plus sûr de circuler  sur le campus de  l'université .

« Pour le reste du Forum Social Mondial, nous voulons que le comité d'organisation assure notre sécurité », a lancé Jadiyetu El Mokhtar,

Elle a demandé au comité d'organisation du Forum Social Mondial de les aider à exprimer leurs  opinions et  idées parce que «nous sommes ici pour se faire entendre ». Les Saharouis réclament leur autonomie vis à vis du Maroc depuis très longtemps et la rencontre de Dakar  est,  selon la porte parole  de l’UNFS, une opportunité pour son  peuple de montrer au monde entier les violences dont ils sont victimes.


Manifestation des nouveaux bacheliers de l’UCAD

Des nouveaux bacheliers de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar ont organisé lundi une marche sur le campus universitaire.

« Nous voulons être orientés », « un autre monde est possible si l’Etat sénégalais nous oriente » pouvait on lire sur  des pancarte brandies  par les bacheliers non orientés de l’UCAD. « Nous ne voulons pas perturber le Forum Social Mondial mais juste montrer au monde entier que nous sommes victimes d’une injustice » a déclaré Diouma Sène, porte-parole des manifestants.  « Notre principale revendication, c’est notre orientation  à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines en majorité » a-t-elle ajouté.  Elle a expliquée qu’ils ont entamé depuis deux mois des discussions avec les autorités universitaires «mais cela n’a encore rien donné ». Après avoir rencontré le doyen de la faculté des Lettres, l’Assesseur, le médiateur et plusieurs autres autorités universitaires, ces étudiants pensent qu’on veut leur dire clairement qu’ils n’ont plus leur place à l’UCAD.  En attendant, ces 500 nouveaux bacheliers espèrent encore être intégrés à l’Université.


50 ans d'indépendance et de néocolonialisme en Afrique

Un atelier portant sur le thème  «50 ans d'indépendance et de néocolonialisme» s'est tenu ce lundi 07 février 2011 à  la faculté des sciences économiques et de gestion de l'université Cheikh Anta Diop dans le cadre du Forum Social Mondial. Un bilan très sombre a été dressé sur les politiques menées par la plupart des chefs d'État qui se sont succédé à la tête des nations africaines. L'attitude des anciennes puissances coloniales ainsi que celle des organismes internationaux comme le FMI et la Banque Mondiale ont aussi été clouées au piloris par les différents intervenants.

A l'avènement des indépendances à partir de 1960 les populations africaines avaient placé beaucoup d'espoir sur leurs nouveaux dirigeants.  Mais ils ont vite déchanté car la liberté qu'ils comptaient enfin obtenir, le développement  économique, social, sanitaire bref la majorité de leurs attentes ont été déçues. Dés leur accession au pouvoir, la plupart des dirigeants africains ont fait fi des aspirations de leurs peuples pour privilégier leurs propres intérêts et se maintenir au pouvoir par tous les moyens possibles.

Au lieu de bénéficier de la liberté d'expression et de la pluralité politique, les peuples ont été tout simplement bâillonnés. Le parti unique a été imposé et toute personne qui osait la dénoncer  était sévèrement réprimée. Beaucoup de pays se sont enlisés dans la dictature et leurs populations condamnées a une pauvreté chronique. 50 ans se sont écoulés mais aucun changement significatif ne semble s'être produit. Des dictatures sont toujours en place, la pauvreté est de plus en plus grandissante, la liberté d'expression est encore en quête, la corruption et la concussion sont instaurées en mode de gestion.  «Les chefs d'États africains ne  sont  pas là pour les populations qui les ont élus mais plutôt pour leur propre compte », déclare Jean Mpele, un congolais membre du panel de l'atelier.


80 films militants  projetés durant le FSM

Le cinéma est  aussi présent au  Forum Social  Mondial de Dakar avec un programme alléchant de près de  80 films. La commission cinématographique  du forum entend promouvoir « le cinéma militant, le cinéma alternatif qu’on n’a pas l’habitude de voir » explique Luc Damiba, membre de la commission. La programmation épouse ainsi les principales thématiques du forum et les films projetés parlent de diasporas et migrations africaines, de capitalisme, de la France-Afrique, de la jeunesse, de l’environnement et de la biodiversité. Mais les problèmes d’actualités ne sont pas non plus occultés. Un film sur la révolution tunisienne, qui vient juste de sortir du montage, sera également projeté. Une façon pour les organisateurs de dire au monde qu’à coté des grosses productions, il existe  un cinéma sans beaucoup de moyens et qui cherche à défendre des idéaux face à un capitalisme envahissant.  Un cinéma militant et alternatif qui peine aussi à s’exprimer faute de diffuseurs. Six sites sont retenus pour les projections. Il s’agit pour l’université Cheikh Anta Diop du terrain de basket et de la salle Soweto, du village de la diaspora, de la maison de la culture Douta Seck, du centre culturel Blaise Senghor et de l’Océanium qui abritera des projections dédiés aux questions environnementales. Des projections itinérantes sillonneront également la banlieue de Dakar et iront jusqu’à Thiès, à 70 km de Dakar. L’association Semfilms, initiatrice d’un festival articulé autour du concept Cinéma Droit humains liberté d’expression (Ciné droit libre) qui aura lieu en Juin prochain à Ouagadougou assure l’animation des débats qui accompagnent ces projections.


Relations Afrique/pays émergents: rôle des médias africains

«Pays émergents, pays africains : nouveaux enjeux géopolitiques, nouveaux enjeux de l’information». C’est le thème de l’atelier organisé lundi par l’institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) à l’occasion du présent Forum social mondial Dakar 2011.

Dans son mot introductif,  la directrice de l’IPAO, Diana Senghor, a  présenté d’abord l’enjeu de compétitivité que constitue aujourd’hui l’Afrique pour les pays développés et les pays émergents. Ceux-ci se livrent notamment ces dernières années à une guerre de positionnement et/ou de repositionnement sur le continent pour la conquête du marché et le contrôle des ressources naturelles. Dans cette lutte pour la conquête du marché et l’exploitation des matières premières sur le continent africain, l’information joue un rôle essentiel, mais malheureusement celle qui est servie aux populations africaines sur ces enjeux est produite au nord, donc biaisée.

C’est pourquoi la réflexion doit être menée à ce niveau, pour faire en sorte que les médias africains soient beaucoup plus présents sur ces questions importantes,  à travers notamment le développement de canaux de solidarité avec les organisations de la société civile, selon la directrice de l’IPAO, qui a saisi la perche ainsi offerte pour présenter l’institut et ses axes d’interventions.

Il s’agissait, à travers cet exercice, de voir en l’occurrence comment les organisations de la société civile peuvent être des sources d’informations pour les médias africains et quel type de solidarité pourrait être instituée entre eux.



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ENGLISH

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The World Social Forum in Dakar is living up to its bidding


Gradually, the World Social Forum in Dakar is living up to its bidding. The stream of participants is unprecedented. Perhaps, Cheikh Anta Diop University, the venue of the forum is, for the first time, playing host to the largest gathering of people from more than 123 countries of the world. Every place was crowded yesterday dedicated to Africa and Africans ion Diaspora. No dull moment as there was something for everybody. More than 30 interventions on variety of themes were made yesterday with emphasis on Africa. And this approach is hailed by most participants.

Honourable Muhammadou M5 Jallow, a parliamentarian from The Gambia is delighted about “the diversity of issues billed for discussion at the forum today, being the Africa Day.” He described the forum as a demonstration of Africa’s preparedness to contribute meaningfully to the “diminish of the world’s problems ranging from climate change, to food and economic crises affecting humanity globally without exception.”

He expressed optimism that the forum “will come out with frank decisions that will meet the aspiration and interest of people some of us are representing here in Dakar. The Gambia has a powerful delegation here trying to mingle with our colleagues from different part of the world.”

For the objective of dedicating a day to Africa to be realised, the Gambian lawmaker canvassed “Africa integration and political unity,” as this, he stressed, would lead to economic prosperity. “I have seen enthusiasm, solid resolve and willingness on the part of African leadership to give new meaning, new direction to the continent through the uplift of our living standard as well as the standard of products coming out of Africa for global acceptability. My advice to compliment all these efforts is for Africa to continue to exhibit high sense of solidarity from this moment. With this, the world will realise that the continent is set to appropriate its potentials for human capital development,” Jallow said.


Women unite to achieve gender equality

Women's organisations under the banner African Women's Forum yesterday held a consultative meeting on the sidelines of the World Social Forum to discuss women's empowerment.

The meeting, organised by AWD, brought together several women organisations, including the African Women Development and Communication Network (Femnet), Forum for Women in Democracy (Fowode) and Daughters of Mumbi among others.

Flamme Da Africa spoke to some of the organisations regarding their agenda at the World Social Forum and the activities they are involved in.

Carlyn Hambuba, the communications officer at Femnet, said their aim is to mobilise women from all over Africa to speak with one voice on gender issues and ensure that they are heard.

She said Femnet is committed to ensuring that African leaders adhere to the African Women Decade (2010-2020) that was passed in October, last year, in Nairobi.

Elaborating on the African Women Decade, she said it was a decade declared by AU to try and push African governments to implement all the international commitments they have made towards promoting women's rights.

She cited the AU protocol on women's rights and the Beijing platform for action as some of the declarations they are pushing African governments to implement.

The African Women's Decade centres round ten themes; fighting poverty and promoting economic empowerment of women entrepreneurship; agriculture and food security; health, maternal mortality and HIV/Aids, security and violence against women, governance and legal protection, finance and gender budgeting, women and decision making and mentoring youth.


Women speak on the conflit Israel and Palestine

It is a hot Monday afternoon here in Dakar, the Senegalese Capital city that is hosting the on going 11 th edition of the World social Forum, which is now on its second day.

"He who follows the crowd has many friends," so says a German proverb. That seems to be true, as everywhere you go here at the Cheikh Anta Diop University, which is now home to the many organizations that will be at the forum for thee net four days, you will bump into strangers ho have become friends at the forum, exchanging telephone numbers, email addresses and the like,perhaps to check on the progress each off them make back at home when the forum ends.

Even the language barrier has not deterred the participants here, and it is an interesting thing to see people converse in the little French or English they know. One thing is clear when you talk to different participants of the forum; the language may be different, but the message is the same.

One of the key issues that is being addressed at the forum, is the age- old issue of gender equality, and this has no doubt drawn women from all over the world in large numbers to the forum, which they intend to use as a platform to have their concerns addressed, once and or all.

One such group is the Palestinian Liberation Movement, FATEH, which is here at the forum to put pressure on the International community to act urgently and address their issue of concern.

This group would like to have world leaders find solutions to what they say has not been given due importance in spite of the many Palestinian women  who continue to suffer because of it.

They want the issue of Israel's occupation in Palestine and how it affects the Palestinian women discussed at length, and a lasting solution found.


Fun, endurance, resilience... lessons from Caravans


Beyond the celebration of rich cultural heritage of Africa, the concept of caravans as part of the highlights of the on-going World Social Forum in Dakar, fun, endurance, resilience, and unity of purpose are some of the gains for participating in the culture adventure.

While recounting their experience yesterday at Cheikh Anta Diop University, venue of the one-week gathering of social movements and civil society organisations, members of the caravans from Nigeria and Morocco lauded the concept as it enriched their knowledge of their neighbouring African countries.

“Being on the road for six days was strenuous, but we had fun although,” John Patrick Ngoyi, coordinator of Nigerian caravan told Flame of Africa yesterday. He chronicled the journey thus, “We put up a caravan of 70 people. We came by roads all the way from Nigeria through Benin Republic to Burkina Faso, where we met caravans from Benin Republic, Togo, and Burkina Faso. We visited the tomb of Thomas Sankara and later passed through Bamako to join caravans from Niger, Guinean, Ivory Coast before entering Dakar on Saturday.”


Voir aussi sur le site web de Flamme d'Afrique: http://flamme.panos-ao.org

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