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Africanbeats@Dakar11 - N° 05 - Jeudi  10  février  2011

 


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Bulletin quotidien publié par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest et ENDA avec la collaboration de IPS, AMARC, NOVIB, Le Quotidien, le CESTI, à l’occasion du Forum social mondial 2011 de  Dakar .

 

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You are receiving this message because you are on the Social Forum mailing list of the Panos Institute West Africa (PIWA  http://flamme.panos-ao.org). Journalists sponsored by PIWA and ENDA in collaboration with IPS, AMARC, NOVIB, Le Quotidien,  CESTI,  are covering the World Social Forum (FSM) 2011 that is currently taking place in Dakar, Senegal.

 

 

Articles in English and French

 

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«Le sud doit penser et agir pour lui-même »

 

 

Le professeur Samir Amin a estimé mercredi d’une conférence  que le sud doit non seulement penser, mais aussi agir pour soit même.

«Je déplore que les Etats africains ne prennent pas des initiatives » regrette-t-il. Selon M. Amin, l’Amérique du sud avec notamment la Bolivie est une belle illustration. Il estime que ce pays a sonné le réveil des nations indiennes tout en s’affirmant comme Nation plurinationale.

Selon Samir Amin, le système capitaliste impérialiste , mondialiste est caractérisé par l’utilisation des moyens de contrôle des systèmes de monopole, notamment sur la technologie, l’accès aux ressources de la planète, domination des médias, possession exclusive des armes, notamment nucléaires. «L’usage exclusif des centres capitalistes décentralisés est au centre des conflits internationaux les plus violents », regrette-t-il. Toutefois, il préconise une convergence entre les mouvements populaires de classes, dans leur diversité, et la transformation des Etats.

 

 

«Le temps de l'Afrique est venu»

 

Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste français a indiqué  mercredi à Dakar que «le temps de l'Afrique est venu». «L’histoire change son court,  le monde bascule car  après la Chine, l’Inde et le Brésil l’Afrique s’inscrit dans une dynamique totalement  forte alors que l’Europe et l’Amérique du nord sont engluées  dans une crise  structurelle» a-t-elle déclaré devant plusieurs centaines de personnes à la place du Souvenir à Dakar.  Et pourtant, a-t-elle estimé,  le  sort des africains ne s’est pas amélioré durant les années passés, pendant  l’Europe cherchait à consolider son économique. Martine Aubry  a indiqué que  le monde bascule et que «le temps de l'Afrique est venu».  Elle a salué la tenue du Forum Social Mondial à Dakar. «Dakar est, pour quelques jours, la capitale d’un autre monde et cet autre  monde nous voulons le bâtir ensemble», a-t-elle lancé avant d’ajouter: «Je voudrais citer ce proverbe Wolof qui dit que ce qu’une seule personne peut réussir deux le ferons mieux».

 

 

 

 

Le roman noir de l’or blanc

 

Le Réseau du commerce équitable Afrique, plus connu sous le nom de Fairtrade Afrique, a présenté  devant la Bibliothèque universitaire une œuvre intitulée Coton : le roman noir de l’or blanc. Œuvre dans laquelle  un appel est lancé à  l’Afrique de l’Ouest afin de se  mobiliser pour mettre fin à 31,45 milliard de dollars de subventions dans les pays riches.

Dans le carde des activités du forum social mondial qu’abrite le Sénégal, le réseau commerce équitable Afrique en collaboration avec la Fondation Fairtrade, a tenu à sensibiliser  les africains sur les injustices et les souffrances que subissent les cotonculteurs, notamment en Afrique de l’ouest, à travers une œuvre intitulée coton : le roman noir de l’or blanc.

 

«  Les dirigeants politiques ouest-africains doivent s’unir aux petits exploitants africains et aux organisations représentantes des producteurs pour lancer une offensive qui  demande l’élimination progressive, puis la fin des subventions des états riches ayant un effet de distorsion sur les échanges », pouvait-on lire dans  le préambule.

 

Kwame Banson, responsable régional ouest africaine du commerce équitable, estime que « 2011 est une année critique pour les subventions des pays riches, et l’Union Européenne et les Etats-Unis sont à la croisée des chemins. L’un mène à plus de misère pour les agriculteurs africains ; l’autre à une façon plus équitable de faire du commerce. Nous demandons qu’ils choisissent la bonne voie, car les producteurs africains ne peuvent plus être les dommages collatéraux de la politique du nord»

 

 

 

Caricature des négociations entre Présidents du Sud et du Nord

Blaise Compaoré du Burkina Faso, Helen Johnson Shirleaf du Libéria, Zacob Zuma de l’Afrique du Sud en face de Barack Obama et de Nicolas Sarkozy pour débattre des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Les acteurs de la Troupe de la Gueule Tapée, un quartier de Dakar se sont déguisés pour représenter ses présidents sur scène avec comme thème « des progrès réalisés pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (Omd) sont suffisants ou pas ? Un jeu de scènes très comique que l’Ong internationale Oxfam en partenariat avec Fahamu, un organisme oeuvrant  dans l’éducation et la santé en Afrique de l’Est nous ont gratifié, hier dans le cadre du 4e jour du Forum Social Mondial. La date butoir, 2015 de ces Omd est à prolonger selon l’acteur « Blaise Compaoré » qui voulait un financement pour la mortalité maternelle et infantile. Nicolas Sarkozy de lui répondre que « tu auras ton dernier chèque en 2015 ». Alors que la date dutoir, c’est 2015 s’exclame le président Burkinabé, désolé.  Helen Johnson Shirleaf, demandait un financement pour les élections de 2015 mais, le président français de lui rappeler que « l’aide c’est pour les populations pas pour organiser les élections ». Ce débat entre le public et les grandes têtes sur les Omd avec comme thème « tenez vos promesses sur la pauvreté et les inégalités » a été également un moment pour les spectateurs de juger ces présidents avec des cartons rouge et vert. Et le rouge a dominé pour le Libéria, le Burkina et un peu plus de vert pour l’Afrique du Sud. Même si Barack Obama lui a recommandé de faire plus encore pour la lutte contre le Sida. Mais, les présidents des Etats Unis et de la France ont été également critiqués notamment avec la baisse de l’aide publique au développement.

 

 

Violences faites aux femmes:  Haro sur l’impunité

L’Association de coopération et de recherche pour le développement (Acord) a organisé hier sur la violences faites aux femmes.

Mme Tabuo, venue de la République démocratique du Congo (Rdc) et qui a été victime de viol dans son pays est venue partager son expérience. Agée de 42 ans, son histoire se passe à Goma. « C’était un soir à minuit. J’étais couchée avec ma famille sous une tente. On a entendu des personnes qui frappaient à la porte et qui ont fini par la défoncer. Ils sont entrés, ils ont attaché mon mari et mis les enfants dans des couvertures qu’ils ont jetées dans un coin. Puis quatre des hommes m’ont violé» raconte la dame.

Ce drame marque le début d’un véritable calvaire pour cette femme puisqu’elle va passer six mois dans le camp de ses violeurs ou se trouvaient d’autres femmes qui avaient aussi été kidnappées. « Quand certains de ces pilleurs tombaient entre les mains des populations, c’étaient les otages qui étaient punies et on tuait certaines d’entre nous » raconte Mme Tabuo.  Au bout de 6 mois de captivité et de sévices, Mme Tabuo a fini par s’échapper avec cinq autres survivantes sur les 12 qui étaient dans ce camp. Un malheur ne venant jamais seul, elle sera à nouveau violée par des gardes forestiers. La prise en charge dont elle va bénéficier par la suite ne l’empêche pas de vivre avec des séquelles graves qui lui ont valu l’ostracisme des autres.

Le cas de Mme Tabuo sont loin d’être rare. Et malgré l’existence de dispositifs réglementaires clairs, les violeurs continuent de rester impunis. D’où la campagne lancée par Acord « Défier l’impunité pour le viol » avec à la base une recherche menée dans cinq pays de la région des Grands Lacs.

 

 

Pour l’annulation de la dette de l’ Afrique

 

Le  Comité pour l'Annulation de la Dettes dans le Tiers Monde a  demandé mercredi aux pays africains à refuser de payer  «les dettes injustes» et de consacrer ces sommes colossales à  établir  une cohésion du tissu social.

«Beaucoup de pays souffrent parce que leurs dettes sont placées sous formes de titres dans les places financières mondiales», a expliqué Eric Toussaint Président du CADTM.

«Les gouvernements africains se soumettent à la volonté des financiers qui font subir le tissu social alors que cet argent destiné au remboursement des dettes peut aider à l'augmentation des salires et  à améliorer les conditions de vie des populations», a-t-il ajouté.

Pour M. Toussaint, l'Afrique peut justement sortir de ces dettes cycliques en adoptant la stratégie de certains pays d'Amérique su sud.  «Les pays peuvent refuser de payer leurs ardoises sans que cela ne les conduit au chaos», a souligné  Toussaint avant d’ajouter:  «si jamais des gouvernements démocratiques ou des mouvements sociaux faisaient appel au soutien du CADTM, il répondrait présent pour réclamer l'annulation des dettes contractés par les dictateurs». Par ailleurs, il propose aux Etats africains, en vue de se développer, d'identifier les biens mal acquis à travers une commission. La justice des pays du continents doivent intenter des procès contre ces banque qui abritent ces sommes colossales afin de les rapatrier et de les placer dans le trésor public.  Il a invité les Etats à “réformer leurs codes des impôts pour que le paiement des taxes se fasse proportionnellement au revenu”. Selon lui, le montant de la dette de l'Afrique  est estimé à 134 milliards de dollar, «dix fois moins que la dette publique de la France», tandis que «le dépôt de fonds des résidents africains à l'étranger est égal à trois fois la dette extérieur du continent». Le  CADMT a appelé les Etats d'Afrique à tirer les leçons des mouvements sociaux en Tunisie et en Egypte.

 

 

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ENGLISH

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«Flamme D’Afrique setting the pace»

Right from inception, Flamme D’Afrique, which has been covering the 10th World Social Forum in Dakar, Senegal, had the vision of creating an alternative platform for African voice to be heard globally, Fatma Alloo, pioneer member of the editorial team of the newsletter said yesterday. The veteran journalist said Flamme D’Afrique was created as a mouth piece of the Africa Social Forum

“Thomas Dave and myself were the founder members of Flamme D’Afrique. We wanted to ensure that in every social forum, Africans have their own mouth piece,” said Aloo, who is also the founder of Tanzania Media Women’s Association (Tamwa). She said it was necessary for Africans to have their own mouth piece so as to portray their own issues from their own perspective. “When people come from outside they have their own perspective which is very different from the way we live our lives,” she said. The project has gone on well since inception and has trained several journalists. For instance in Nairobi, it trained 25 women journalists on coverage of gender stories. The journalists were drawn from five African countries; Kenya, Uganda, Zambia, Tanzania and Ethiopia.

We have managed to have the project running over the years with the help of our partners. “For example here in Dakar Panos is hosting Flamme D’Afrique and has been very supportive. The other thing we do is link with Inter Press Service which produces Terra Viva.” Commenting on one of the issues of Flamme D’Afrique, she said she was very proud that it comes out.

 

Fears over Africa-China relationship

 

 

The high hopes of Africa getting a fair deal in its relationship with emerging countries; namely China, India and Brazil, may after all be a mirage. This caution was the highlight of a debate organised by Panos Institute West Africa (PIWA) at the ongoing World Social Forum (WSF) in Dakar, Senegal.

The workshop with the theme "Emerging Countries, African Countries: new geopolitical challenges, new information challenges?" was aimed at examining the renewed scramble for Africa as the continent becomes the inevitable setting for competitions for natural resources, trade and financial investment among emerging countries like China, Brazil and India on one hand and the developed countries of Europe and America. The panel moderated by Pauline Bend Hughes of PIWA had such speakers as Kwesi Obeng of Third World Network (TWN); Emmanuel Mayah, a CNN African Journalist multiple-award winner who has investigated the activities of the Chinese across Africa; and Edward Kumah Drah of Ghana. The bottomline was to find out how citizens and social movements of emerging countries can be better informed and how they can influence their own countries' strategies and policies concerning Africa.

The speakers were in agreement that Africa has for hundreds of years, since the days of slavery, had a raw deal in the hands of the West and as a result needed to try out new relationships and alliances in its quest to develop itself. However, while the media often reports passionately the signing of new trade agreements between African countries and the emerging countries who are strongly establishing their presence all over the continent, very little is said about the activities and mode of operations of these new partners that from all indication is leaving Africa again with the short end of the stick.

 

 

In India, the poor also cries for land

 

Land policy reform, whether in developed or developing countries, is always problematic and controversial. You remember Zimbabwe experience that pit government against the so called “The White Farmers.”  Respite only came when some of the affected farmers relocated to other part of Africa. In Nigeria, for instance, the “Zimbabwean Farmers” are the drivers of the unique “Shonga Farm Project” in Kwara State in the North-Central region of the country.

Similar uprising is breeding in India and the on-going World Social Forum in Dakar, Senegal has become the veritable platform to ventilate this global phenomenon.

Ekta Parishad, a non-violent movement to ensure people’s rights to livelihood resources, is leading the campaign in Dakar.

Its national convener, Ran Singh Parmer, described the social forum as “a good platform to expose certain abnormalities going on in every part of the world. It has become forum to meet so many peoples, organisations working on similar issues and sharing experiences of what is happening in different countries.”

While acknowledging his country’s giant strides in socio-economic advancement which has earned India the epithet as an emerging economy, Singh Parmer insisted that the advancement “is one sided, because the land reform policy, for instance, has made India to be going down in the Agric sector, from where 60 per cent of the population derive their livelihood.”

 

 

Woman cry over migrants Misery

 

It was an emotional moment for a woman as she tried to fight back tears listening to tales of ordeal faced by African migrants in foreign lands. The woman from Greece who could not help herself was a member of the audience at a workshop on migration organized by the Panos Institute West Africa (PIWA) at the ongoing World Social Forum (WSF) in Dakar, Senegal.

Speakers after speakers narrated in graphic details tales of torture, deprivation and sometimes sub-human treatments migrants are made to face in their sojourn for a better life. The workshop titled: "Media (old and new) faced with the challenges of migration" aimed to find out how social movements have heard about other viewpoints, enlightened or militants, in order to influence migratory policies. In other words, how can migrants make themselves heard? Members of the panel included Manuel Domergue of Alternatives Economiques; Abdellah Zniber of Immigration Developpement Democratie; Abdourahamane Barry of FSM/Diaspora; Sarah Duplat of GADEM and Emmanuel Mayah, a multiple-award winning journalist who is also the Anti-Human Trafficking Ambassador, Nigeria.

Manuel Domergue lamented the stigmatization of migrants and the stripping away of their identity as human beings. He spoke too of the dangerous stereotype that cast migrant Muslims as terrorists.  On her part, Sarah Duplat insisted that there was no such thing as an illegal migrant; rather such category could at worst be referred to as migrants without papers. In fact, she found it unacceptable the structures and barriers erected to stop people to freely move from one part of the world to another. Equally unacceptable to her is the imbalance in relationships with Africa which has seen migrants from America, Europe and Asia coming into the continent with ease while commensurate ease is never given to Africans.

 

 

 

Homosexual present their case at the WSF

 

Homosexuality in Africa remains largely feared, illegal and punishable by imprisonment or in extreme cases death. In many African countries, homosexuality is viewed as a western idea transferred into the continent by colonial masters, which must not be given room to flourish, and must be nipped at the bud.

 

A global survey conducted in 2007 by the International Gay and Lesbian Association (IGLA) on the legal status of homosexuality, found that 40 out of Africa’s 53 nations, had legislation that classified homosexuality as an illegal act.

Overall, the IGLA cited more than 85 countries, worldwide, with Africa accounting for almost 50% of all homophobic legislation. A similar study conducted in 2009, revealed that in several African countries, including Sudan, as well as parts of Nigeria and Somalia, homosexual acts were said to be punishable by death. It is for this reason that Gay and Lesbian movements from different parts of the world are attending the World Social Forum- to put pressure on World leaders and policy makers to recognize their right to life, access to healthcare and freedom of sexual orientation among other things.

 

 

Voir aussi sur le site web de Flamme d'Afrique: http://flamme.panos-ao.org

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Audio: Suivez  nos reportages sur les liens suivants:

Français:   http://panos-multimedia.org/flamme/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=56&Itemid=84

 

 

English: http://panos-multimedia.org/flamme/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=55&Itemid=83

 

 

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