PARTENARIAT AFRIQUE-INDE, Derrière les déséquilibres apparents

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La deuxième édition du sommet Afique-Inde, tenue à Addis Abeba du 20 au 25 mai, s’est voulue un cadre d’échanges destiné à promouvoir une dynamique de partenariat mutuellement avantageux entre les deux parties. La philosophie dessine ces nouveaux rapports Sud-Sud qui déterminent les interventions des pays émergents (Brésil, Chine, Inde, etc.), en direction de l’Afrique. Un continent fort courtisé par des nations qui, dans leur développement accéléré, cherchent des ressources pour irriguer leurs machines de croissance.  L’Inde est un pays émergent ; l’Afrique, elle, cherche encore ses repères. De ce point de vue, il y a déjà un déséquilibre dans les rapports.

Le déséquilibre qui se lisait bien dans la foire organisée à l’occasion du sommet, pour mettre en valeur les savoir-faire et les valeurs des deux partenaires. LInde a affiché sa grosse armada. Véhicules, équipements motorisés, matériel médical, machines agricoles, ressources électronique, électricité et énergie, allant jusqu’au Btp. En face, la présence de l’Afrique se ramenait aux produits artisanaux comme le cuir, la vannerie, les bijoux dans divers matériaux, le textile, etc. Domaine dans laquelle l’Inde étalait aussi ses atours.

L’image ne résume peut-être pas toute la réalité du partenariat afro-indien. Bâti sur des principes autres que ceux imposés depuis la colonisation à l’Afrique, pour une exploitation en règle des ressources du continent, il est question, ici, de «travailler ensemble pour relever les défis du monde », comme le souligne la déclaration finale. Et l’Inde s’avance sur ce terrain avec les atouts qui lui confère sa position de pouvoir émergent. Sur la table de discussions entre le Premier ministre indien et les chefs d’Etat africains présent à Addis, New Delhi s’est engagé dans la même lancée que lors du premier sommet qu’elle avait accueilli en 2008.

Pour les trois années à venir, Manmohan Singh a promis 5 milliards de dollars de ligne de crédit pour aider l’Afrique dans l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement. Cela, en plus des 700 millions de dollars promis pour la des programmes de formation et 300 autres millions destiniés au projet de construction du chemin de fer devant relier l’Ethiopie à Djibouti. Il est aussi question d’aider au renforcement du tissu industriel du continent, par le biais de l’ouverture de succursales de certaines grosses firmes. L’offensive du privé indien sera ainsi la base de ce partenariat avec l’Afrique. Sauf que cela ne règle pas la fondamentale question de la transformation sur place des matières premières qui devrait constituer une des bases du développement.

Certes, pour y parvenir il faudra miser sur l’éducation, investir dans le capital humain, et l’Inde compte aider dans cette voie qui lui a permis de décoller. Cette priorité, le secrétaire exécutif du Nepad, Ibrahim Assane Mayaki, l’a souligné en rappelant que «le bond réalisé par l’Inde a été rendu possible grâce à une priorisation de l’économie de l’éducation et de la formation». C’est un des axes de cette coopération dont la 3e rencontre d’évaluation est fixée pour 2014, en Inde.

Par Ousseini Issa

 

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