Coopération Inde-Afrique / A l’Est du nouveau ?

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La Chine a pris ses marques en Afrique et commence à faire son maillage. Voici l’Inde qui arrive pour poser ses repères. Ainsi un nouveau vent d’Est souffle sur le continent, porté par les «pays émergents» d’Asie. Reste à savoir si un nouveau départ s’annonce pour le continent sur les sentiers qui sont ainsi balisés.

A ce rendez-vous d’Addis, pour le deuxième sommet Inde-Afrique, après celui de 2008, des délégations sont attendues de 15 pays africains. Elles étaient au nombre de 14 à New Delhi, il y a trois ans, pour le sommet fondateur. Du 20 au 25 mai, il s’agit de passer en revue une coopération qui en est à ses premiers pas dans une approche formelle. Une sorte de revue à mi-terme, portant sur les engagements signés à Delhi, entre le «pays continent» et le «continent mère». Selon le ministre indien des Relations extérieures, 5.4 milliards de dollars de crédits avaient été alloués, sur lesquels plus de 2 milliards auraient été utilisés à mi-parcours.

Les cinq jours de rencontre que se tiennent à Addis-Abeba, depuis les experts jusqu’aux chefs d’Etat, en passant par la réunion des ministres, est un moment de bilan des engagements contenus dans la «Déclaration de Delhi». Aujourd’hui, le forcing de l’Inde en direction de l’Afrique est passé à une double vitesse. Entre 2004 et 2008, les financements indiens en direction du continent avaient porté sur des lignes de crédit de 2,15 milliards de dollars. Au sommet de 2008, le crédit supplémentaire de 5,4 milliards de dollars était dégagé, en plus d’une augmentation du budget du programme « Aide pour l’Afrique », avec 500 millions de dollars à investir sans les 5 à 6 ans à venir à partir de 2008. Avec des secteurs divers à investir, comme la science, les technologies de l’information, l’enseignement professionnel, la recherche, l’énergie, l’agriculture.

Pays émergent aux côtés du Brésil et de la Chine, fort intéressés elle aussi par les atouts et ressources de l’Afrique, l’Inde est de plus en plus présente sur le continent africain. Selon le rapport « Inde-Afrique : Exploration», le volume des échanges commerciaux avec le continent africain, qui s’établissait à 45 milliards de dollars US en 2010, est appelé à évoluer pour atteindre la barre de 70 milliards à l’horizon 2015. Quant à la part africaine dans le commerce total indien, elle est passée de 5,8% en 2002-2003 à 8% en 2006-2007.

Reste à savoir, du point de vue de l’approche, les convergences «mutuellement bénéfiques» qui peuvent se dégager dans ce partenariat et les ruptures qui en seront induites. Car, dans cette coopération entre l’Afrique et les pays émergents, qui semble à la mode, l’enjeu réside, pour beaucoup, dans la perspective de voir le continent se situer dans des rapports différents de ceux qui ont balisé son exploitation pendant des siècles, suivant l’axe Nord-Sud.

On a pensé que l’Inde se tournait vers l’Afrique pour marcher sur les plates-bandes de la Chine et introduire une nouvelle rivalité entre «super puissances». Pour l’heure, les deux géants asiatiques semblent s’éviter plutôt que de se confronter. Les rapports commerciaux et de coopération que Delhi entretient avec l’Afrique se démarquent de ceux adoptés par la Chine, avec une offensive menée par des entreprises majoritairement privées mais soutenues par leur Etat, qui cherchent à s’implanter à travers une stratégie de «fusion-acquisition», là où la Chine privilégie le commerce direct avec les gouvernements. Mais l’Inde a aussi cette particularité de chercher à développer des approches intégrant les institutions économiques régionales telles que la Cedeao et la Sadc.

Le thème de ce sommet prône le «fenforcement du partenariat», dans «une vision partagée», avec la réunion préparatoire la Conférence des présidents par les ministres des affaires Etrangères et ceux du Commerce deux des parties.

Cette deuxième rencontre triennale entre l’Inde et l’Afrique qui se poursuivra jusqu’au 25 mai prochain, vise à renforcer et à consolider la coopération politique et économique entre les parties. Les bases de celle-ci avaient été jetées à l’occasion de la toute première rencontre tenue du 4 au 9 avril 2008 à New Delhi, la capitale politique indienne, à travers une déclaration commune dans laquelle les participants avaient notamment pris l’engagement d’approfondir leurs relations de coopération dans plusieurs secteurs dont la santé, l’éducation, l’agriculture, le commerce, l’investissement, l’énergie, la création de petites et moyennes entreprises, etc.

Cette déclaration est renforcée par l’adoption d’un autre document dit « Cadre Afrique-Inde pour la Coopération”, qui précise les modalités du dialogue et de l'engagement entre les deux parties au cours du 21e siècle.

Pour le secrétaire général du ministère indien des Affaires étrangères, Vivek Katju, en visite en Ethiopie, cité par l’agence de presse Chine nouvelle, ce deuxième sommet devait permettre de conclure un memorándum d’entente entre l’Inde et l'Union africaine sur le renforcement des capacités de 14 institutions en Afrique “Cela montre clairement notre volonté de mettre en oeuvre la décision du premier sommet Afrique

Ousseini Issa

 

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