Amadou NIANG, Ministre Sénégalais du Commerce

Envoyer Imprimer PDF

« Le Sénégal exporte plus vers l'Inde que l'Inde n'exporte vers le Sénégal »

Il n’y a pas de raison d’avoir peur des relations entre le Sénégal et l’Inde, au regard de la balance commerciale. Il s’agit d’un partenariat bénéfique si on en croit le ministre du Commerce Amadou Niang. Rencontré au sommet Afrique Inde qui se tient à Addis-Abeba, il confie que Dakar est excédentaire par rapport à Delhi, dans les échanges. Avec ce bémol pour dire que les attentes sénégalaises ne sont pas toutes satisfaites.

Par Diacounda SENE

Qu’attendez-vous de ce sommet Afrique-Inde en matière de partenariat ?

Ma première attente sur le plan technique c’est que l’Afrique et l’Inde, dans le cadre des négociations qui  les engagent au niveau de l’Organisation mondiale du commerce, tiennent compte de la question importante de la régulation.  Le président Abdoulaye Wade avait, en avril dernier, convié les pays du monde à une rencontre sur  l’agriculture dénommé le « Dakar agricole ». La conclusion de cette rencontre était que les organismes spécialisés des Nations unies devraient mettre en place un mécanisme de régulation des prix des produits de base, y compris le pétrole. Le président Wade avait alors proposé un mécanisme de régulation qui s’appelle « le serpent ». C'est-à-dire qu’on définirait des prix qui seraient logés sur une ligne et l’on admettrait un taux de variation en hausse au-dessus du «serpent» et un taux de variation en baisse en dessous du «serpent».

Cela dit, dans nos rapports avec l’inde, il y a des questions spécifiques et nous allons aborder. Ce sont les questions financières, les lignes de crédits qui ont été adoptés pour soutenir l’investissement africain. Il s’agit là de mécanismes permettant aux pays africains d’accéder aux équipements agricoles indiens. Il y a aussi la ligne des produits qui peuvent entrer en Inde sous un régime préférentiel. Ces questions, même s’ils sont en phase opérationnelle méritent d’être évaluées dans ce sommet.

Le schéma préférentiel a déjà été agréé et mise en œuvre par le Sénégal. Il faut juste voir comment l’améliorer. C’est pourquoi j’ai demandé à la partie indienne quel serait le sort de nouveaux produits que le Sénégal proposerait à ce nouveau schéma. Le ministre indien m’a répondu que son pays attendait que tous les 33 pays les moins avancés agréent  le système avant d’étudier de nouvelles demandes. C’est là une attente forte de la part du Sénégal, car nous avons terminé de faire la liste des produits et nous avons des observations à apporter sur certains produits qui constituent l’essentiel de nos échanges avec l’inde.

Comment se traduit l’aide indienne pour l’Afrique, en termes de contribution au développement ?

Elle se traduit par un niveau de mise à disposition d’équipements très important. Au Sénégal, nous avons beaucoup d’équipements agricoles d’origine indienne. Il en résulte l’amélioration de la production, de la couverture des besoins nationaux et de nos exportations. C’est pourquoi j’ai dit à la partie indienne que si elle souhaitait agir dans les communautés économiques régionales, notamment dans l’Uemoa, elle devrait renforcer cette orientation sur les équipements. C’est pour cette raison que j’ai rappelé les tendances de notre commerce depuis deux ans. On note une bonne évolution de notre commerce extérieur à hauteur de 38% vers les pays de l’Uemoa et de la Cedeao et de  48% avec le autre pays africains, alors que le commerce intra-africain plafonne à 10%. Ce qui signifie que le Sénégal a dépassé cette norme africaine et que nous avons une bonne dynamique de production.

Pour renforcer cette dynamique de production, il nous faut rester dans la tendance actuelle de nos relations avec l’Inde. C'est-à-dire importer les biens d’équipement, notamment agricoles. Quand j’ai fait l’analyse de la balance commerciale, le résultat est que nous avons importé des équipements, notamment des équipements agricoles, pour 105 milliards entre 2006 et 2010. Et le total des échanges entre l’inde et le Sénégal pour la même période est de 306 milliards. Ce qui fait que nos importations en biens d’équipement représentent le tiers de ces échanges et que nous avons une bonne balance commerciale. D’abord en termes de produits importés mais aussi en termes de rapport. Nous exportons plus vers l’Inde que l’Inde n’exporte chez nous.

Pourtant il semble que les échanges entre l’Inde et le Sénégal auraient plus rapporté s’il n’y avait ces accords signés sur le phosphate ?

Non, les échanges avec l’Inde ne sont pas faibles. Notre balance commerciale est positive, c’est déjà important. Malgré l’importance des biens d’équipement dans l’importation, notre balance est toujours positive. Cela signifie que nous avons un potentiel fort dans le secteur des exportations vers l’Inde. Si cela n’était pas le cas, en commandant des équipements d’une valeur de 105 milliards, on serait en solde négatif. La dynamique est bonne, le potentiel est là et les relations sont fortes parce que  nous sommes excédentaires. En qualité d’appréciation de notre balance commerciale, l’Inde vient après le Mali en termes d’exportation. Donc on ne peut pas dire que les échanges avec l’Inde sont faibles. Mais le commerce étant ce qu’il est il faut toujours chercher à améliorer.

Qu’en est-il des accords sur le phosphate ?

(Rires). Mais montrez moi ces accords sur le phosphate ! Si vous me les amenez on en parle. Je sais qui vous a dit ça …


 

 

  • Africa-India Summit
  • Africa-India Summit
  • Africa-India Summit
  • Africa-India Summit
  • Africa-India Summit
  • Africa-India Summit
  • Africa-India Summit
  • Africa-India Summit
  • Africa-India Summit
  • Africa-India Summit