Entrave de l’accés à l’information : Les décisions sont parachutées à partir du sommet

La parité dans les fonctions électives a été un jalon décisif pour jauger la capacité de la femme sénégalaise à faire valoir sa citoyenneté et de participer à la gestion des affaires de la cité. Trois ans après l’adoption de la loi intervenue en mai 2010,les incompréhensions qui retardent une appropriation et/ ou une valorisation du concept au sein de la population demeurent. Vice-présidente à l’Assemblée nationale, membre du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (Pds),Ndèye Gaye Cissé estime que l’approche qui a été à l’origine de cette démarche pour une démocratie participative renforcée a été d’emblée faussée.

Pour la présidente des femmes libérale du département de Kébémer, l’application de cette démocratie participative plus inclusive pour les femmes reste liée à la mentalité des populations. Et au point où on en est, elle juge nécessaire de reprendre les choses à partir de la base pour mieux cibler les parents, les adultes. Mais les domaines d’intervention devraient aussi, pour elle, cibler les écoles où les cours de civisme et d’éducation, réhabilitées, peuvent servir de leviers. Ndèye Gaye Cissé juge également utile d’appeler à contribution, les associations culturelles et sportives (Asc), les collectivités locales, etc. L’objectif est de leur faire intégrer des «programmes proches des cibles ».

Le fait que les décisions partent du sommet vers la base est ainsi une mauvaise approche à rectifier, soutient Mme Cissé. D’autant que dans ce processus l’accès à l’information est bloquée par la barrière linguistique. La disponibilité des informations dans toutes les langues maternelles faciliterait une plus grande compréhension, en intégrant davantage les réalités culturelles permettant de mieux faire passer les idées et comportements nouveaux auxquels il serait possible de faire volontairement adhérer les populations.

Présidente de l’Association des femmes juristes et secrétaire général du Cosef, Fatou Kiné Camara, quant à elle, assure que des formations et une campagne de vulgarisation médiatique pourrait contribuer à diffuser les informations nécessaires. Une initiative à prendre en collaboration avec les organisations de la société civile qui maitrisent ces questions.

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